Práxedes Mateo-Sagasta naquit à Torrecilla en Cameros (La Rioja) le 21 juillet 1825. Son père, Clemente, habitant de Logroño, marchand, entrepreneur et milicien libéral engagé, était persécuté par les autorités absolutistes. Sa mère, Esperanza, également originaire de Torrecilla, s'était distinguée en signant un Manifeste où une trentaine de femmes demandaient au roi Ferdinand VII de soutenir sincèrement la voie constitutionnelle. Ces circonstances familiales le marquèrent profondément et le poussèrent à défendre avec vigueur le libéralisme révolutionnaire et les nouvelles perspectives de modernisation : les libertés et droits individuels, la participation politique, le développement des travaux publics et la levée des obstacles au progrès matériel.
Il commença sa carrière comme ingénieur civil. Il arriva à destination :
dans le district de Valladolid, province de Zamora, durant l'hiver 1849, où aucune route n'avait encore été construite. Il se consacra alors au travail de terrain, traçant les itinéraires non seulement de la route entre Zamora et la Galice, mais aussi de l'une des premières lignes de chemin de fer d'Espagne, la Ligne du Nord (Madrid-Irún-France), et plus précisément le tronçon Valladolid-Burgos.
Cependant, il comprit rapidement que d'autres cartes et itinéraires méritaient son attention : ceux de l'action politique. Son influence et son dévouement furent considérables : quatre décennies d'activité parlementaire (1854-1902), l'occupation de divers portefeuilles ministériels et sept mandats de Premier ministre sous différentes périodes et régimes politiques (la monarchie démocratique d'Amédée Ier, la République de 1874, la monarchie constitutionnelle de la Restauration, notamment au début du règne d'Alphonse XIII, et ce jusqu'au XXe siècle). Malgré les vicissitudes, certains principes directeurs sont restés constants tout au long de son action politique : la défense d’une monarchie entourée d’institutions et de fondements démocratiques, l’extension progressive du suffrage, la pertinence d’une alternance au pouvoir entre deux forces politiques (progressistes et conservateurs), et l’extension, autant que possible, des droits et libertés individuels.
Benito Pérez Galdós le connaissait très bien et, avec une justesse remarquable, l’a décrit comme « l’homme politique qui a su harmoniser les notes stridentes de l’Hymne de Riego avec le chant solennel de la Marche royale ».