L'élevage ovin est depuis longtemps un élément essentiel de la production agricole slovaque. Déjà connus des habitants préhistoriques, les moutons leur fournissaient viande, laine, lait et peaux. Des écrits sur l'élevage ovin ont été conservés depuis le début du Moyen Âge, et son importance s'est considérablement accrue dans les régions montagneuses après la colonisation valaque du XIVe au XVIIe siècle. L'élevage ovin est devenu la principale source de revenus dans de nombreuses régions, influençant profondément le mode de vie et la culture traditionnelle des populations.
L'élevage ovin de montagne était un système particulier, typique des Carpates. Originaire de la péninsule balkanique, il s'est adapté aux pâturages locaux et aux conditions économiques. Les moutons paissaient sur des pâturages d'altitude, auparavant inexploités. L'élevage était principalement axé sur la transformation du lait de brebis et la production de « bryndza » (un fromage de brebis spécifique), d'« oštiepok » (un fromage de brebis fumé traditionnel), de « parenica » (un fromage traditionnel) et de « žinčica » (une boisson à base de petit-lait de brebis), comme en témoigne la terminologie spécifique développée à cet effet. Les brebis passaient au pâturage de fin avril à l'automne, ce qui nécessitait la construction de fermes et de bâtiments pour les bergers en montagne.
Les rôles des bergers étaient variés dans ces fermes. Le berger en chef supervisait l'exploitation, tandis que les bergers plus âgés, les contremaîtres, les bergers des brebis non laitières et les aides – des garçons se préparant au métier de berger – jouaient également un rôle important. Le travail des bergers était physiquement exigeant et nécessitait habileté, discipline et esprit d'équipe. Le temps passé dans des régions reculées a contribué à forger leur personnalité : ils possédaient une connaissance approfondie de la nature locale, savaient prédire le temps, utilisaient les plantes médicinales et transmettaient ce savoir de génération en génération. L’élevage de moutons de montagne a profondément marqué la culture populaire traditionnelle, comme en témoignent les chants, les coutumes et les sculptures sur bois représentant la vie pastorale.
Le thème du numéro spécial Pâques 2026, « Élevage traditionnel de moutons et élevage de moutons de montagne », met en lumière les œuvres d’un sculpteur sur bois, Eduard Gregor. Son travail, consacré à la vie pastorale, se traduit par la création d’objets et de motifs liés à la vie dans un élevage de moutons de montagne.
Jana Koltonová